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Sébastien Maes, l’un des derniers bénéficiaires de l’ancien système de pension légale, est mort dimanche dernier à l’âge de 71 ans. Il avait travaillé durant 50 ans dans le secteur du bâtiment. Père de 4 enfants, il touchait, depuis plusieurs mois, 400 euros de l’Etat au titre de « pensionnés ».
C’est une bronchite contractée cet hiver qui l’a emporté. « Il n’a pu se soigner à temps en raison de difficultés financières », a expliqué son fils lors des funérailles. « C’est trop bête, ça ne faisait qu’un an qu’il avait pris sa retraite. Dire qu’après autant d’années de travail, il n’avait droit qu’à une pension minimum ». Le PDG de la Caisse de Versements des Dernières Pensions Légales (CVDPL), filiale du bancassureur Fortisch Banque, présent à la cérémonie, a pointé avec cynisme les aspects positifs de ce décès. « Aujourd’hui, il ne reste plus que 784 personnes qui touchent une pension minimale versée par l’Etat. A chaque décès, les cotisations sociales de chaque contribuable diminuent de 3 centimes d’euros. Bientôt, personne n’en paiera plus du tout. ».
C’est en 2012 que le Gouvernement libéral a lancé la réforme des pensions à renfort de grandes campagnes, en martelant sur toutes les antennes de la radio télévision comme dans la presse écrite : « Ce n’est pas parce qu’on est âgé qu’on doit toucher de l’argent sans travailler ». Le Ministre libéral des pensions souhaitait supprimer les pensions légales, beaucoup trop coûteuses selon lui, au profit des assurances privées dont il n’a cessé de vanter les mérites, notamment la liberté de choisir la formule la mieux adaptée aux besoins de chacun. Les mouvements sociaux de l’Automne 2019 avaient toutefois obligé le Gouvernement à maintenir une pension de survie pour tous les travailleurs ayant cotisé pendant 40 ans au moins. C’était le cas de Sébastien Maes.
Après l’enterrement, son fils s’en est pris vivement au PDG du CVDPL : « Je me fiche bien de payer des cotisations sociales si l’Etat me garantit une retraite décente ! Vous ne devez pas bien connaître les réalités financières des gens. Comment voulez-vous que nous consacrions une partie de notre salaire au paiement d’une épargne-pension privée alors que la plupart du temps, nous n’avons même plus de quoi nous acheter à manger ! » Le Président, laconique, lui a alors conseillé de chercher un emploi mieux rémunéré ou d’emprunter à la banque pour financer sa retraite.
A. B.
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