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| Le Ras-le-bol des bénévoles de la "Soupe populaire" ! |
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La décision prise la semaine dernière d'arrêter la distribution de la soupe populaire et des colis alimentaires est en contradiction totale avec la vocation de l’asbl bruxelloise « Soupe populaire » qui consiste à rencontrer les besoins de première nécessité des plus pauvres d’entre nous. Mais la récente agression d’un bénévole a fait déborder le vase.
Pascal C., 22 ans, a reçu un bol de soupe en pleine figure, alors qu'il tentait de s'interposer entre deux bénéficiaires. « La violence a incontestablement augmenté ces trois dernières années mais d’habitude, l’agressivité se manifestait entre les bénéficiaires ; la violence envers les bénévoles restait verbale », nous explique le coordinateur. Chaque soir, de 19 à 21 heures, entre 250 et 270 personnes sont accueillies par les bénévoles des cinq structures de la métropole bruxelloise, qui leur distribuent de la soupe, du café mais aussi des vivres et des couvertures. « C’était un rendez-vous convivial qui est devenu un lieu de règlement de comptes. Nous avons vu arriver peu à peu des gens qui n'ont plus rien à perdre : ils vivent sans repère et sans espoir de lendemains meilleurs. Cet hiver, nous avons dû faire appel à la police pour rétablir un peu d’ordre et de bienséance. Quel est encore le sens de notre travail si nous devons désormais le faire encadrer par la police ? » Depuis l’agression, l’association refuse d’exposer les travailleurs bénévoles à des risques inutiles et insensés. Pour le moment, personne ne peut dire quand les distributions vont pouvoir reprendre. Les responsables réfléchissent à des solutions pour éradiquer cette violence. Ils envisagent d’organiser la soupe populaire dans un local fermé et non plus sur une place ouverte à tous. Une chose est certaine : si l’association ne remet pas son combat en question, elle traverse actuellement une période de découragement.
En attendant, la Soupe populaire doit aussi faire face à de nouvelles demandes : de plus en plus de familles frappent à leurs portes de jour comme de nuit. Les travailleurs s’efforcent bien sûr de rester fidèles aux principes de leur père fondateur, l’Abbé Jules Charpentier, et d'accueillir tout le monde. Mais certains s’interrogent parce que les solutions qu’ils proposent ne devaient être que provisoires. L’Etat semble se désintéresser de plus en plus du sort de tous ces malheureux, préférant se décharger de ses missions de protection sociale sur des associations auxquelles il accorde très peu de moyens financiers. L’action caritative n’a-t-elle pas pour effet pervers de déresponsabiliser les élus ?
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