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IL FAUDRA DESORMAIS TRAVAILLER JUSQU'À 72 ANS !
La plupart des gens travaillent jusqu’à leur mort, ou presque… Le coût exorbitant de l’accès à l’eau potable et aux soins de santé auquel s’ajoute l’impossibilité, pour la plupart d’entre nous, de supporter financièrement la souscription d’une assurance pension privée (face à la maigreur de la pension de survie légale), ont fortement réduit l’espérance de vie des Européens, qui meurent de plus en plus souvent d’épuisement sur leur lieu de travail.
Depuis la dernière crise financière liée à l’explosion de la bulle spéculative sur les fonds de pension, les trois-quarts des travailleurs encore occupés à temps plein - les seuls encore capables de se payer une « épargne pension » privée - ont vu leurs économies s’envoler. Seuls ceux qui ont eu la chance de pouvoir travailler durant les 40 années désormais obligatoires pour toucher la pension de survie de l’Etat (via le budget de l’Aide au développement) ont pu mettre fin à leur labeur. Et se reposer quelque peu… en se serrant la ceinture.
Certes, les impôts ont fortement diminué dans notre pays, mais cela a mis à mal le principe de l’impôt progressif qui permettait aux ménages à bas revenus de bénéficier des mêmes droits que les autres. Parallèlement, la TVA a augmenté sur la plupart des produits. Les salaires, eux, ont fortement diminué sous la pression de l’Union Européenne, gangrenée par le dumping social et fiscal. C’était sans doute le prix à payer pour attirer de nouvelles entreprises et créer de l’emploi : une multitude de cadeaux fiscaux et le rabotage de nos droits et avantages sociaux.
Désormais, nous devons travailler jusqu’à l’âge de 72 ans ! A ce rythme, les femmes résistent mieux que les hommes, comme le montre une étude de l’U.L.B : l’espérance de vie des hommes (70 ans) est 5 années plus courte que celle des femmes.
Les aides financières allouées aux ménages par des parents exilés, en Amérique latine notamment, contribuent à améliorer la situation de certaines familles qui peuvent ainsi se permettre de laisser une personne à la maison pour veiller sur la grand-mère ou le grand-père, physiquement incapables d’aller travailler. Cette même personne en profite souvent pour vendre des denrées alimentaires dans le quartier, qui permettront de payer l’abonnement au coffret électrique ou au pack « eau potable » de la dernière semaine du mois.
Lors des longues et froides soirées d’hiver, les grands-parents racontent à leurs enfants et petits-enfants comme il faisait bon vivre au temps des services publics et de la sécurité sociale, et à quel point ils regrettent de ne pas s’être battu davantage pour les conserver.
A. M.
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