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De la fiction à la réalité... Les services publics |
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La crise financière dont nous subissons actuellement les retombées économiques et sociales nous rappelle tous les jours combien nos impôts et nos cotisations sociales sont indispensables à notre pouvoir d’achat. Les travailleurs en inoccupation forcée bénéficient d’allocations de chômage totales ou partielles, les allocations familiales constituent des revenus complémentaires appréciables, chacun peut continuer à se soigner et les services publics garantissent l’accès à des biens nécessaires et coûteux.
Les Services Publics sont le résultat d’une volonté politique, d’un choix de société. Ils répondent à des besoins d’intérêt général. Pour le dire simplement, ils garantissent l’accès gratuit ou à très moindre prix à quantité de droits : s’instruire, se soigner, éduquer ses enfants, se déplacer, se distraire, occuper ses loisirs, faire du sport, faire valoir ses droits, obtenir un logement, isoler sa maison, communiquer, être informé, être protégé, traiter ses déchets…
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Interview : Les Services publics, c'était quoi? |
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Les services publics disparaissent peu à peu. Privatisés pour les uns, purement et simplement supprimés pour les autres. Combien sommes-nous encore aujourd’hui à pouvoir expliquer ce qu’ils furent ? Nous avons rencontré Joël, ancien Secrétaire de la Centrale Générale des Services Publics de la Régionale de Liège de la FGTB. Il s’est battu pour la survie des services publics. Aujourd’hui, il se souvient et témoigne.
A quoi servaient les services publics ?
Les services publics étaient nombreux et variés. Chaque personne les utilisait sans vraiment s’en rendre compte. Les services publics reposaient sur l’idée que certains biens et services devaient être organisés par l’Etat pour être accessibles à toute la population. Comme l’enseignement, la formation, les crèches, la télévision, la culture, les transports, la livraison de marchandises, l’exportation, l’électricité, le gaz, l’eau, la sécurité, la justice, la santé, l’environnement et même une partie du développement des activités économiques… C’étaient des services dits publics, des activités sociales et économiques. Qui organisait ces services publics ? C’était l’Etat fédéral, les Régions et les Pouvoirs Locaux soit directement via un organisme public, soit par l’intermédiaire d’un service privé subventionné, qui les mettait en place. La plupart de ces services étaient fournis gratuitement ou à un prix très réduit.
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De la fiction à la réalité... La Justice |
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La Justice est un des plus anciens services publics. Organisée par l’Etat grâce à nos impôts, elle fait respecter les lois et permet à tout le monde de vivre ensemble dans le respect des droits et devoirs de chacun. Son budget s’élève à 1.703.624 millions d’euros dont 74% couvrent les salaires et 24% les dépenses de fonctionnement. La Belgique est organisée en 27 arrondissements judiciaires qui comptent 2.500 magistrats et plus de 8.000 employés administratifs. Notre système judiciaire se structure en juridictions, compétentes dans des domaines différents : 1 cour de cassation, 5 cours d’appel, 5 cours du travail, 11 cours d’assises, 27 tribunaux de première instance, 27 tribunaux du travail, 28 tribunaux de commerce, environ 230 justices de paix et 37 tribunaux de police.
Le Ministre de la justice exerce aussi ses compétences sur les 33 établissements pénitentiaires, le Moniteur Belge, la sûreté de l’Etat, la protection de la jeunesse et les cultes, dons, legs et fondations.
On peut sans doute reprocher à la Justice son conservatisme et sa complexité, son langage difficilement compréhensible et son coût financier. Pour rendre les cours et tribunaux plus humains et plus accessibles, le Gouvernement a créé, en 1999, les Maisons de Justice et les Bureaux d’aides juridiques. Chacun de nous peut y trouver gratuitement - quels que soient ses revenus – un conseil juridique et, si nous ne pouvons pas supporter financièrement les honoraires d’un avocat privé, nous pouvons aussi bénéficier de l’assistance gratuite ou partiellement gratuite d’un avocat(1). Les Maisons de Justice sont aussi chargées de réaliser des enquêtes sociales et des médiations pénales, elles informent et assistent les victimes, surveillent et organisent la guidance des condamnés libérés sous conditions. Des impôts plus justement prélevés permettraient l’élargissement des conditions d’octroi de l’aide aux justiciables et rendraient la justice plus accessible encore.
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- (1) Les conditions de l’assistance gratuite ou partiellement gratuite sont liées aux montants mensuels nets de nos revenus et à notre situation familiale. Ces montants sont régulièrement revus à la hausse de telle manière que les allocataires sociaux mais aussi les travailleurs salariés et indépendants puissent bénéficier d’un meilleur accès à la justice.
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RECITDE CRISES
Je viens d’avoir 71 ans. Je vis dans un appartement dont je partage le loyer et les charges avec deux autres retraités. J’ai commencé à travailler à 22 ans comme comptable dans une compagnie d’assurance. Lors de la crise économique et financière de 2009, presque un tiers des emplois ont été supprimés.
Personnellement, j’ai eu de la chance car j’ai vite retrouvé du travail dans une banque d’épargne privée. On ne sort jamais indemne d’un séisme social, il en demeure toujours la crainte de voir les choses se répéter et, aujourd’hui, en vous écrivant, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces travailleurs innocents jetés sur le carreau au gré des humeurs de la Bourse et du Marché. Sept ans après mon engagement, la Caisse d’Epargne a été absorbée – c’est comme ça qu’on disait à l’époque – par une grosse banque. La nouvelle direction nous avait assuré qu’il n’y aurait aucune perte d’emploi mais elle a très vite réalisé un cadastre des fonctions pour identifier les tâches jumelles dans la perspective de réaliser des économies d’échelle et d’augmenter ses bénéfices. Je me suis retrouvé en concurrence avec une jeune dame dont le salaire était moins élevé que le mien. Alors, c’est elle qu’ils ont gardée.
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